Entre son centre politique et son cœur économique, entre Yaoundé et Douala, le Cameroun fonctionne comme un corps avançant avec ses deux jambes. Concurrentes et complémentaires, les deux villes se rapprochent aussi sur de nombreux plans.

Poumon économique et tête politique, des situations similaires dans le monde

De nombreux pays voient leur capitale jouer à la fois le rôle de centre politique et économique de l’état. Ainsi la France avec Paris, mais aussi Londres pour le Royaume-Uni, Tokyo au Japon, etc. Ce modèle centralisé des pouvoirs politiques, économiques et industriels constitue une forme majeure de l’organisation des prises de décisions dans un pays.

Un modèle moins centralisé existe également, tel qu’on peut l’observer en Allemagne, où une grande partie des pouvoirs se situent à Berlin, avec néanmoins une décentralisation, avec la Bourse se localisant à Francfort.

Le dernier modèle se base sur un éclatement plus grand des différents pouvoirs.

Ainsi Il n’est pas rare de constater qu’un pays se voit doté de plusieurs centres urbains de grandes importances, selon les activités spécifiques qui leur sont alloués.

Les États-Unis d’Amérique en sont l’exemple type, avec Washington D.C. pour capitale fédérale, et New York comme centre financier et économique du pays.

Un autre exemple poussé à l’extrême est le Brésil. Si São Paulo constitue incontestablement le cœur économique du pays, une nouvelle cité, œuvre de l’architecte Oscar Niemeyer a été sorti de terre afin de servir d’écrin au gouvernement et aux administrations brésiliennes.

Yaoundé et Douala, des villes jumelles, mais des fausses jumelles

Si les deux cités principales du Cameroun sont à peu près équivalentes en termes de population (environ 2 440 000 habitants pour chacune des villes et leurs agglomérations, avec un léger avantage pour Douala), la capitale du pays semble rattraper rapidement son retard.

Douala, la ville côtière, fut sur une courte période, officiellement capitale du Cameroun, alors sous administration coloniale française, de 1940 à 1946. Sa position géographique, face à l’Océan Atlantique lui a conféré naturellement une localisation stratégique dans son développement. Elle est aujourd’hui la capitale de la région Littoral et focalise 60 % des recettes du pays, et 80 % des exportations.

De son côté, Yaoundé, à l’intérieur des terres, dans la région Centre, doit son développement à la présence des administrations camerounaises. Néanmoins, ces dernières années, son expansion s’est accentué, et la réduction du trajet entre elle et Douala risque d’accentuer ce développement.

Une autoroute pour relier les deux villes, et divisé par deux le temps de trajet

Constituant l’un des axes de la route transafricaine 8, reliant Mombasa à Lagos, la section reliant Douala à Yaoundé permettra de faire passer le trajet sur la route de 4 heures à 2 h 15.

Malgré les difficultés rencontrées, les travaux se poursuivent, et les perspectives sont prometteuses, à la fois pour chacune des deux cités, mais également pour l’ensemble du pays qui y verra l’accomplissement de son intégration régionale africaine.

Ainsi cette dualité entre Yaoundé et Douala apparaît de plus en plus comme une force pour le Cameroun.